Prêle des champs ou Equisetum arvense.

En botanique

preleEquisetum arvense dérive du latin equs seta et arvense : cheval, soie ou long poil et champs. Cette appellation lui a été donnée car la plante ressemble à une queue de cheval. En français il s’agit de la prêle des champs, le nom dérivant de sa saveur qui lui a valu son nom. C’est une plante herbacée de 20 à 50 cm de hauteur qui est âpre au gout et a pris ainsi les noms de asperella, de asprèle et enfin de prêle. Elle est aussi appelée herbe à récurer, queue de chat, de cheval, de rat ou de renard. En anglais elle prend le nom de horsetail, cattail, joint brass, bottle brush, shavegrass ou horse pipe.

Elle est de la famille des équisétacées, dernier ordre vivant parmi les arthrophytes devenus fossiles dans le groupe des Ptéridophytes qui sont les premiers végétaux terrestres de type cryptogame et vasculaire. On y trouve aujourd’hui  aussi les fougères un autre groupe de Ptéridophytes  les phylicophytes. Cet ensemble de plantes préhistoriques comporte un appareil végétatif articulé par empilement de modules identiques.

 Habitat.

 Elle est commune et on la trouve partout. Elle pousse abondamment en Europe dans les milieux humides au bord des routes notamment, en Afrique du Nord, en Amérique et au nord de l’Asie. Elle prolifère ainsi dans des milieux très divers et on la trouve jusqu’à 2500 mètres d’altitude.  Sa multiplication peut se réaliser notamment par division des touffes à l’automne ou au printemps. Dans cette plante seules les parties aériennes sont utilisées et les tiges vertes et stériles que l’on récolte sont séchées au soleil ou dans des locaux secs et aérés.

prele 7C’est une plante apparue à l’ère secondaire  il y a environ 70 millions d’années et qui a traversé toute la préhistoire. C’est une relique de cette ère ancienne qui a survécu à la période des dinosaures comme le ginkgo biloba, plus ancien encore. On trouve les ancêtres des Prêles actuelles à l’origine des bassins houillers de notre ère. On a retrouvé des empreintes de cette plante dans des gisements qui nous montrent que la plante n’a pas changé d’aspect au cours du temps sinon qu’elle était beaucoup plus imposante pouvant avoir la taille d’un conifère.

prele 6Comme les fougères, les champignons et les mousses (premières plantes issues des algues à sortir de l’eau pour vivre à l’air) qui datent de la même ère, la prêle ne fleurit pas et ne produit pas de graines mais se reproduit à l’aide de spores que porte un épi ovoïde au sommet d’une tige nue rougeâtre.

Quand les spores sont mures, elles sont dispersées dans l’air et la tige flétrit et brunit pendant que des tiges vertes stériles apparaissent. Ce sont elles qui sont utilisées en complément alimentaire. Cette plante peut aussi par multiplication végétative abondante à partir des rhizomes articulés rampants qui s’enfoncent jusqu’à un mètre de profondeur, envahir les terrains où elle pousse d’autant qu’elle est très résistante.

prêle 1prele 1Il existe de nombreuses variétés de prêle et celle des champs ne doit pas être confondue avec celle des marais (Equisetum palustre) qui est toxique.

 Histoire

 Rome et Pline l’ont baptisé «le poil de la terre» – A cette époque la prêle était conseillée comme tonique et reconstituant général, sous forme de salade préparée avec les jeunes pousses à la manière des asperges.

La médecine indienne ayurvédique et amérindienne utilise la plante pour traiter les problèmes urinaires. Son activité diurétique est alors connue.

Au XVIIe siècle, en Europe  la prêle des champs est un élément thérapeutique pour  les blessures et les inflammations cutanées mais aussi ainsi que pour traiter les calculs urinaires. Ces propriétés sont encore utilisées aujourd’hui.

Au XVIIIe siècle on vante ses vertus reminéralisantes.

Aujourd’hui, elle est parfois proposée comme diurétique lors d’infections urinaires ou de régimes amincissants mais surtout pour renforcer les os, les tendons, les cheveux et les ongles. Malheureusement, elle a fait l’objet de très peu d’études cliniques et son efficacité reste à prouver.

 Composition

 La prêle des champs est un excellent reminéralisant capable de réparer  les tissus abîmés qui ont besoin de minéraux et notamment de silice,  principal agent de la réparation de la peau. Cette plante est extrêmement riche en silice si bien qu’au siècle dernier on l’utilisait pour polir avec ses tiges pour les bois précieux : c’était l’herbe à récurer. La plante sèche contient 5 à 10% de silicium quand ses cendres en ont jusqu’à 80 %. Mais on y trouve aussi principalement du calcium, du sodium, du fer, du manganèse, du potassium, du soufre, du magnésium, de l’aluminium, des tanins, de la saponine,  des alcaloïdes, des flavonoïdes comme la quercetine, de la vitamine C, de la nicotine et une equisétonine : insecticides, fongicides et antibactériens.

Usage de la prêle des champs

 Les usages domestiques

 La prêle est utile au jardin

prele 5La décoction de prêle peut prévenir les maladies cryptogamiques comme l’oïdium), le mildiou, le monilia, la rouille, la tavelure, la cloque du pêcher ou encore la septoriose de la tomate. On utilise la plante entière sans racines : 1 kg de plante fraîche ou 150 g de plante séchée à laisser tremper  dans 10 litres d’eau de pluie pendant 24 heures. On fait ensuite bouillir  pendant 20 minutes après avoir rajouté 50 à 100 grammes de silicate de soude pour renforcer son action puis on recouvre et on fait refroidir avant de filtrer. La décoction s’utilise diluée à 20%. Le délai de conservation est de 15 jours. On pulvérise la plante ou l’arbuste plusieurs fois dans le printemps et l’été   Diluer la préparation à 20 % maximum (pour 1 litre de préparation, rajouter 4 litres d’eau) La décoction de prêle doit être utilisée dans les 15 jours suivant sa préparation.  Pulvériser sur la plante à traiter par une belle matinée ensoleillée, avant débourrement pour les arbres fruitiers et dès la plantation en pleine terre pour les légumes. Renouveler l’opération plusieurs fois au printemps et en été. Une décoction de 50 g de plante dans 1 litre d’eau protège les semences qui y sont trempées de la fonte des semis

 Le purin de prêle sert à  prévenir les maladies cryptogamiques telluriques. Il éloigne les pucerons et les acariens dont l’araignée rouge et fortifie les plantes. On  remplir un récipient en plastique de plantes fraîches et on complète d’eau de pluie. On couvre en laissant passer l’air et on remue chaque jour. Le purin sera prêt à être utilisé quand il n’y aura plus formation de mousse après 1 à 2 semaines. On filtrer alors  et on utilise le filtrat dilué à 10% pour la pulvérisation des plantes ou à 20% pour l’arrosage à leur pied.

 La prêle est utile à la maison

 L’herbe à récurer ou prêle des champs a souvent été utilisée pour récurer et pour polir les métaux ou  le bois en orfèvrerie ou en ébénisterie et en marqueterie mais aussi pour le lavage des pots en verre et de la vaisselle. On attribue cette propriété à la haute teneur en silice et en saponine de la plante.

 Usage médicinal :

 C’est la mise en évidence de la grande minéralité de la prêle dont le silicium qui a permis de mieux comprendre les propriétés de cette plante. Ce minéral stimule la synthèse des collagènes des tissus osseux, cartilagineux et cutanés. Il facilite également la consolidation des fractures en favorisant la formation du cal osseux. Il améliore la souplesse des tendons et augmente leur résistance au regard des sollicitations musculaires. La silice est d’autant plus nécessaire avec le vieillissement que cet état entraine très fréquemment des carences justifiant largement des cures régulières de prêle. La plante a aussi un effet diurétique qui la fait utiliser dans son indication traditionnelle urinaire pour faciliter les fonctions d’élimination rénale et lutter contre la rétention d’eau dans l’organisme. 

 Voici une liste non exhaustive des propriétés alléguées pour Equisetum arvense

  • -soulagement  des douleurs articulaires,
  • – reminéralisation osseuse
  • – consolidation fracturaire osseuse
  • – soulagement des tendinites,
  • – augmentation de la force et du tonus musculaire
  • – régulation du métabolisme calcique : action sur les calcification tendineuses, les épines calcanéennes, certaines lithiases rénales.
  • – renforcement  des propriétés élastiques des tissus conjonctifs : tendons, ligaments, tissus de soutien des organes, parois veineuses et artérielles en favorisant la synthèse de l’élastine et en inhibant l’élastase
  • – amélioration des performances cérébrales. Le rôle du silicium dans la prévention de la maladie d’Alzheimer a été démontré.
  • – régulation du métabolisme du cholestérol, de la glycémie, de l’acide urique
  • – amélioration des fonctions hépatiques
  • – ralentissement du vieillissement de la peau avec une action parfois spectaculaire sur les phanères et cheveux fragiles.
  • – stimulation des fonctions rénales d’élimination et d’épuration
  • – action anti-œdémateuse  en complément aux cures d’amaigrissement
  • – action antibactérienne et antifongique
  • – stimulation de l’immunité

Préparations de prêle

Les variétés E. palustris et E. silvestris sont toxiques pour l’homme et il faut être un botaniste averti pour les différencier. Il n’est donc pas recommandé de procéder soi-même sans l’aide d’un botaniste à la pratique de décoction de tisane de prêle.

 

Les remèdes préparés à partir de Equisetum arvense sont généralement considérés comme sûrs mais il faut s’assurer de leur provenance depuis une société spécialisée en compléments alimentaires qui délivre des produits à dosage garantis ou à titrage précis.

 

Il est déconseillé de prendre régulièrement des produits à base de prêle si l’on consomme beaucoup d’alcool en raison d’ interférences possible sur le métabolisme de la thiamine (vitamine B1) avec aggravation d’une carence pré-existante. En raison de la présence de nicotine, la prêle est déconseillée chez les sujets utilisant des patchs ou des gommes contenant cet alcaloïde. Enfin les sujets cardiaques utilisant de la digoxine doivent éviter les préparations à base de prêle à moins qu’ils ne prennent du potassium en association.

 

La prêle s’utilise :

 

  • En décoction avec 2 g de parties aériennes séchées dans l’équivalent un bol d’eau bouillante que l’on laisse à ébulition pendant 5 minutes  puis que l’on laisse infuser un quat d’heure. A prendre 2 à 3 fois par jour en cures.
  • En capsules de poudre séchée à raison de 1 à 2 g, 3 fois par jour.
  • En extrait fluide (1:1) à raison de 2 ml, 3 fois par jour.
  • En teinture (1:5). Prendre 10 ml, 3 fois par jour.

 

Elle est présente dans Cicatendon® en association avec la spiruline pour favoriser la synthèse du collagène, le ginseng qui permet un meilleur apport en oxygène, la glucosamine qui renforce la structure du tendon, le zinc et le fer qui sont de puissants cicatrisants, enfin du sélénium et de la vitamine E reconnus pour leurs effets anti radicalaires.

 

 

Cicatendon®existe en gélules ou en gel et en pack gel + gélules et est destiné à fortifier les tendons dans leur fonction normale ou à l’occasion d’efforts intenses lors de la pratique du sport, du jardinage ou du bricolage par exemple.

 

 

 

 

 

 

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